Réenchantement du Monde

Lettre ouverte aux humains - Un jour, fatalement, des yeux découvriront ces mots, des esprits en chercheront le sens. Je ne souhaite pas que ce moment arrive trop tôt ... Les conséquences pourraient en être terribles !

30 octobre 2008

Une aussi belle lumière, jamais.


light

shinto_ Kimiko

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25 octobre 2008

Voyage


Siudmak_Materia

Lui, marchant à côté d'elle, poussant un vélo sur un chemin de campagne désert. Un soir, hier ou demain ...

- Alors, nous y voilà ?
- Oui. Le carrefour, la croisée.
- Je vais m'y noyer ?
- Oui. Dans mes eaux vives. Ce sera ton baptème. Ta mort, et ta renaissance.
-J'ai peur.
- Après, il n'y a plus de peur. Juste le sourire. La plénitude après l'effort.
- Tu me tiendras la main ?
- Toujours, mon amour.Toujours.
- Alors, cela devait être ainsi ? De toute éternité ?
- Même avant. Depuis l'aube de l'Aube.
- Tu es la porte ?
- Tu es la porte.
- Et après l'infini ?
- L'incommunicable.
- Mon ventre tout contre le tien.
- Nos riens mélés, nous poussières de joie. Oui. Joie !

61428_RBRYKEJVJJ4BQPEHS7AVILUYR576UD_siudmak_020_H084144_L  Illustrations  W. Suidmak

Il laisse tomber le vélo dans l'herbe. Se tourne vers elle, pose ses deux mains sur son cou.

- J'entends ton coeur.
- Mais perçois-tu mon âme ?

Il ferme les yeux.

- J'entends un chant.
- Passeras-tu pour y ajouter le tien ?
- Oui, si on me laisse choisir mon point de passage.
- Alors, choisit.
- Je choisis celui-ci.

Il se penche et l'embrasse. Commence son voyage …

Siudmak_zrodlo

2007  -  Désirée Thomé

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22 octobre 2008

Féminitude


Lumiere_20du_20matin_huile30x30_20_egarant

"Trop peu de femmes bénéficient pour le moment du grand travail de prise de conscience qui s'est effectué depuis quelques années au coeur de l'identité féminine. Enfin des femmes écrivent sur la femme, pour la femme et pour elles-mêmes, en tentant de s'exprimer non plus seulement avec leur cerveau, avec une culture imprégnée majoritairement de masculin, mais avec leur ventre : une pensée venue du ventre, venue du corps entier de la femme.

La démarche est importante et ne fait que commencer.

Un langage d'évolution voit le jour qui distingue différentes étapes dans le processus d'émergence d'une femme à elle-même. Le beau message "deviens qui tu es" s'adresse aussi bien aux hommes qu'aux femmes. Mais jusqu'à présent, il n'était pas question de reconnaître que la femme avait un parcours de développement bien spécifique qui ne pouvait pas se calque sur celui de l'homme, - ni être fondamentalement compris et dirigé par lui. Au sein des tribus, dans une pensée plus archaïque, cette spécificité initiatique était respectée avec le cercle des femmes et le cercle des hommes. Mais la pensée occidentale éclairée s'est construite sur la lumière rationnelle du masculin et s'est imposée au nom de l'être.

Le langage des symboles retrouve droit de cité, les concepts de femme solaire, femme lunaire, fertilisent à la fois l'imaginaire et la réalité collective. Les femmes ne sont plus seulement belles, elles comprennent, elles se comprennent, elles comprennent leur parcours, elles parlent. Nous vivons une profonde transformation de l'identité féminine  à l'échelle planétaire malgré les soubresauts, et les régressions. Même si rien n'est définitivement gagné, le processus est en marche. L'engloutissement de la femme patriarcale, inféodée à l'homme, se joue encore de manière mutilante en chacune d'entre nous, mais elle côtoie la femme en émergence qui trouve sa créativité, qui prend sa place dans le monde et dans ce mariage de l'actif et du réceptif, la force intérieure s'éveille, la sagesse se révèle. Sept archétypes me semblent fondamentaux sur la route d'évolution  - ils vont de la Déesse-Mère avec sa force sauvage et sa force d'unité, à la femme sage et éveillée en passant par la soumise, la révoltée, l'éclairée, la dominante, l'androgyne. Plus ou moins près du centre, du Soi, nous les jouons et rejouons encore tantôt en positif, tantôt en négatif et l'évolution nous amène à tourner toujours plus près du Soi. (...)Reverie_huile30x15_egarant2004

Plus les femmes accoucheront les unes des autres en conscience, plus elles vivront leur solidarité, leur sonorité, plus elles s'enracineront aussi dans la belle solitude de l'être. Les femmes de pouvoir, les battantes, les gagnantes, ont besoin de s'irriguer de l'eau du coeur, de sortir du dessèchement du mental et de la course à l'efficacité. Les femmes ont longtemps été cantonnées dans le rôle de bol, les hommes étant les théières. Les femmes à leur tour deviennent d'inépuisables théières. Elles ont besoin de retrouver la coupe et le creux. Ce creux du féminin est fait de réceptivité heureuse et d'extase, de sens du présent mais aussi en négatif de dépression. Notre tâche est d'apprivoiser en conscience cette terrible beauté du féminin tout comme nous avons besoin d'humaniser, d'adoucir le pouvoir tranchant de la Déesse. Perdre et retrouver, telle est la constante du destin humain. Nous les femmes, nous avons perdu l'unité de la Déesse-Mère et son pouvoir, nous avons découvert les misères et les grandeurs de la servitude, nous avons osé la révolte et nous avons souffert de ses divisions, nous avons cru au savoir et à l'éclairage de l'intellect et mesuré la profondeur de nos chaînes, nous avons pris le pouvoir de l'épée et fermé notre coeur, nous réapprenons à ouvrir notre coeur sous la protection de notre force intérieure. Parcours collectif, parcours individuel. Ne sous-estimons pas la difficulté. La société joue dans le registre de la soumission et de la conquête, de l'exploitation et du rapport de force ; il appartient à chacun d'avancer vers plus de complétude, de partage, de réalisation et d'amour.

(...) La victime en vous demandera un sens, un destin, une réponse, mais l'émergée en vous s'alimentera à la source jusqu'à devenir cette source."

Extrait du prologue écrit par Paule Salomon, du coffret-livre " Féminitude" , de Monique Grande.

Regard_H40x30_egarant2008 Peintures Emmanuel Garant

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Miracle


wolf

Assis au cœur de la forêt, envoûté par le chant du vent dans les pins, je ne pouvais m’empêcher de questionner la nature sur la difficulté humaine à partager et aimer. Tout est en nous, si nous prenons le temps de regarder, de devenir ce que nous sommes, souffle après souffle, avec détermination. Tous les évènements de notre vie, chaque personne rencontrée sont là, parce que nous les avons attirés là. Ensuite, ce que nous choisissons d’en faire n’appartient qu’à nous. Au cœur des vibrations instables de nos sociétés inhumaines, il nous faut prendre conscience qu’il n’y a rien à attendre de tous ces systèmes sociaux dans lesquels nous évoluons, seulement de nous-mêmes, instant après instant. Sans tension inutile, sans souffrir. Notre souffrance n’est utile à personne, ni à nous, ni aux autres, elle n’ajoute rien, n’enlève rien au monde.

Quand nous comprenons notre place dans l’univers nous sommes capables de l’assumer pleinement, step by step, avec l’état d’esprit d'un amoureux rejoignant sa belle, c'est-à-dire avec la hâte du pas suivant.

Pour recevoir davantage, il faut donner ce que l’on a reçu. Si on le garde, la stagnation suit.

Je me souviens de cette femelle dauphin  qui m’enseigna à me laisser  couler. Captivé par son incroyable fluidité, je l’imitais au point d’épouser le mouvement de l’eau, m’y fondant sans effort, avec le maximum d’économie de mouvement et d’efficacité. Patiemment, elle m’apprit à me mouvoir sous les flots, tous les sens en éveil, à évoluer avec elle, à devenir elle …

Plus que tout, elle m’apprit à sourire intérieurement.

La sagesse de l’ignorance doit être pour nous un sacrement. Accepter notre ignorance, re-co-naître que nous ne savons rien ou si peu, est un acte sacré, qui fait de toute expérience ordinaire, quelque chose d’extra-ordinaire ouvrant le champ de tous les possibles.

C’est pointer l’infini.

Entre l’esprit et le corps, il est un chemin, une voie que nous parcourons tous comme si nous étions engourdis par le sommeil. Il soutient nos pas, mais nous n’avons aucunement conscience de son irrésistible puissance. Ce n’est qu’à notre éveil que nous découvrons dans nos mains les graines porteuses de renouveau qu’il nous faut semer dans nos vies quotidiennes, afin qu’elles y produisent nos plus belles paroles et nos plus belles actions.

S’il n’existait un tel sentier, il n’y aurait jamais eu parmi nous ni poètes, ni prophètes, ni porteurs de lumière …

L’esprit, trouve son chemin, parmi les lacets sinueux de la confusion, puis découvre la connaissance de lui-même à l’aube et voit dans la lumière montante, de grandes ailes blanches qui ont poussées dans son sommeil.

Et comprenant parfaitement, dans un seul élan de joie il vole au dessus des vieilles promesses, au-delà des villes et des forêts vers la Montagne Sacrée.

Peut être avez-vous entendu parler de la Montagne Sacrée ? pic

C’est la montagne la plus élevée en ce monde. Si réellement nous en atteignons le sommet, nous n’avons alors plus qu’un seul désir ;

Redescendre et vivre parmi ceux qui vivent dans la vallée la plus profonde.

Voilà  pourquoi on l’appelle la Montagne Sacrée.

Apprendre, c’est découvrir ce que nous savons déjà. Faire, c’est démontrer que nous  savons. Partager, c’est rappeler aux autres, qu’ils savent aussi bien que nous.

Que deux personnes ou davantage parviennent ensemble à une attention sans objet exempte de tout Soi est l’un des plus grands miracles de l’existence.

                    samuri

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19 octobre 2008

Lueur


sakura

Si la lueur des cerisiers en fleurs,

Sur les collines,

Durait plus longtemps que quelques jours.

Nous ne l'aimerions aussi tendrement.

                   YAMABE NO AKAHITO

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14 octobre 2008

Sourire et puis se taire


Il faut tourner la page Changer de paysage Le pied sur une berge Vierge Il faut tourner la page Toucher l'autre rivage Littoral inconnu Nu Et là, enlacer l'arbre La colonne de marbre Qui fuse dans le ciel Tel Que tu quittes la terre Vers un point solitaire Constellé de pluriel Il faut tourner la page... Redevenir tout simple Comme ces âmes saintes Qui disent dans leurs yeux Mieux Que toutes les facondes Des redresseurs de monde Des faussaires de Dieu Il faut tourner la page Jeter le vieux cahier Le vieux cahier des charges Oh yeah Il faut faire silence Traversé d'une lance Qui fait saigner un sang Blanc Il faut tourner la page Aborder le rivage Où rien ne fait semblant Saluer le mystère Sourire Et puis se taire

Posté par Sunyata à 18:20 - MUSIQUE - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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11 octobre 2008

Le mot


5a

Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !
Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes ;
TOUT, la haine et le deuil !
Et ne m'objectez pas que vos amis sont sûrs
Et que vous parlez bas.
Ecoutez bien ceci :
Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l'oreille du plus mystérieux
De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce MOT — que vous croyez que l'on n'a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre ;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle !
Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera ;
Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,
Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive
Et railleur, regardant l'homme en face dit :
"Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel."
Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.

Victor Hugo

Posté par Sunyata à 23:59 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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04 octobre 2008

Un seul mot juste ...


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... est au delà de dix milliards de mots.

Shodoka

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Gregory Colbert

Posté par Sunyata à 02:02 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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